La Basilique de Saint Maximin me révèle ses secrets

“ Dominant la ville, la Basilique de Saint-Maximin attire tous les regards. Elle est considérée comme le 3ème Tombeau de la Chrétienté. Son imposante architecture abrite de nombreux trésors dont les reliques de Sainte Marie-Madeleine. ”

En arrivant sur le parvis...

Je traverse les ruelles médiévales de la ville pour arriver sur le parvis de la Basilique. Le plus grand édifice gothique de Provence se dessine sous mes yeux. Je prends conscience de ses dimensions spectaculaires : 73 mètres de long, 37 mètres de large et 29 mètres de haut.

Une visite guidée de la Basilique est sur le point de partir. Je me greffe au petit groupe mené par la guide conférencière Sandrine BARBIER.

Les travaux ont été entrepris en 1279, sous les ordres de Charles II d’Anjou, suite à la découverte des reliques de Sainte Marie-Madeleine. La Basilique restera inachevée suite à l’arrêt des travaux au XVIème siècle. Elle n’aura jamais ni portail, ni clocher.

Je suis impatiente de pénétrer dans ce sanctuaire empli d’Histoire.

Premiers pas dans la basilique

En poussant la porte, l'atmosphère spirituelle du lieu m’envahit. Les jeux de lumière sont sublimes. Après quelques pas, je me retrouve dans l’allée centrale. Malgré les visiteurs, je me sens seule au monde. Je m’avance doucement, cernée des boiseries et vieilles pierres de l’édifice.

La grandeur de l'édifice me fait face.

La Chaire

Sa beauté impose dès l'entrée. Je m'en approche et prends le temps de contempler tous les détails qui l'ornent. Elle est une pièce maîtresse pour les Compagnons du Tour de France, spécialisé en menuiserie.

Ses bas reliefs sculptés sur la montée d'escaliers présentent les scènes importantes de la vie de Sainte Marie Madeleine.

Le plus important de tous est le dernier décrivant la scène biblique du « Noli me tangere » ; il s'agit de la traduction latine des paroles prononcées par Jésus ressuscité à Marie-Madeleine le jour de Pâques dans l'Évangile de Saint Jean.

Au sommet de la Chaire, j'aperçois la Sainte entourée des anges, comme elle est si souvent représentée... Mon regard se porte vers le haut de la Basilique : l'architecture parfaite des voûtes me laisse sans voix.

Des notes graves résonnent dans la Basilique. Le silence s’éteint. A ma grande surprise, le lieu s’anime au son des orgues...


Les Grandes Orgues de Saint Maximin

Cet immense instrument me fascine. Curieuse d’en savoir davantage, je questionne Sandrine, la guide conférencière. L'orgue est connu des organistes du monde entier, il compte 2960 tuyaux, tous d’origine. Il fut construit au XVIIIème siècle, à l’initiative du frère dominicain Jean Esprit Isnard.

La hauteur des voûtes permettent une acoustique surprenante. J'apprécie quelques instants les mélodies jouées qui résonnent.

Je suis le groupe de Sandrine à la rencontre de l’organiste Pierre Bardon.

Je n’imaginais pas tant de mécanismes ! Tout autour de la partition, 4 claviers et des dizaines de tiges en fer que l’on tire et que l’on pousse.

L'organiste commence sa démonstration : son "Grand jeu en ut majeur". Je suis en admiration devant cet artiste musicien.

Les 16 chapelles

Je poursuis ma découverte par les allées latérales de la Basilique.

16 chapelles se dressent de part et d'autre de la nef centrale.

Chacunes d'elles est consacrée à un personnage important de l'Histoire chrétienne locale. Parmi eux, Saint-Pierre, Saint-Louis d’Anjou, Saint-Maximin, Saint-Joseph, Saint-Michel et bien sûr, Sainte Marie-Madeleine.

Le Retable de Ronzen

Mon regard s'arrête plus longuement sur le Retable du Crucifix, une œuvre de l'artiste vénitien Antoine Ronzen. Les dorures mettent en lumière les 16 scènes peintes de la Passion du Christ ; je prends le temps d'observer chaque ornement.

La Crucifixion est la pièce centrale. Sur le devant de l'autel, une autre scène est importante : la mise au tombeau. Quelques peintures attirent mon attention ; j'y reconnais des monuments de notre région : le Palais des Papes d'Avignon, les Arènes d'Arles. Il y a même la Place St Marc de Venise !

Le Choeur et ses 94 stalles

Au centre de la Basilique, le Choeur et ses boiseries m'interpellent.  Je pénètre dans l'enceinte et me mets à scruter chaque élément. Je dénombre 94 stalles en noyer sculpté au dessus desquelles figurent au total 22 médaillons représentant les saints et saintes de l'ordre dominicain. Je m'imagine quelques instants dans les siècles passés, entourés de personnages ecclésiastiques, assistant à leurs échanges.

Face à moi se dresse le Maître Autel. Sur le tableau central, je reconnais Marie-Madeleine. Sandrine (la guide) m'explique qu'on y voit la Sainte au devant de la grotte dans la forêt de la Sainte Baume. Elle attend les anges, qui l'élèveront comme tous les jours vers le sommet du massif.

Ce personnage me fascine. Ma prochaine sortie se fera à la Grotte de la Sainte Baume.
Je décide sans plus attendre de descendre dans la crypte.

La Crypte : à la rencontre de Marie-Madeleine

Je descend les quelques marches qui mènent à la crypte et pousse la porte en fer forgé. J'y suis ! J'attendais cette rencontre avec impatience : celle que l'on nomme « l'Apôtre des Apôtres » passa les 30 dernières années de sa vie en Provence.

Son corps, enseveli dans la plaine de Saint Maximin, fut découvert à l'emplacement de la Basilique au XIIIème siècle. Ses reliques sont aujourd'hui jalousement gardées dans cette crypte dans laquelle je m'avance en silence.

L'espace est confiné et intimiste. Le sous-bassement du plafond m'invite à une rencontre unique. Je suis cernée de sarcophages : à ma droite Saint Sidoine ; à ma gauche, ceux de Saint Maximin et des Saints Innocents.

Le 3ème tombeau de la Chrétienté est devant moi. Les reliques sont exposées sous vitrines dorées. Je me recueille quelques instants devant la Sainte.

Le Père Florian Racine s'avance et accepte gentiment de me livrer quelques secrets sur les reliques et les sarcophages.

Le Père Racine nous livre les secrets des reliques de Marie-Madeleine

Je suis fascinée par ces reliques et par le récit du père Florian. Le morceau de peau, si célèbre dans l’Histoire chrétienne, est devant moi.

La plus ancienne crèche au monde est dans la Crypte de la Basilique

Je sais que les sarcophages sont décorés de gravures historiques. Ce sont généralement des scènes de la vie quotidienne des personnes qu’ils abritent. Je n’aurais pas deviner que celui-ci dévoilent l’une des plus anciennes représentations de la crèche.

Fête de Sainte Marie-Madeleine

Je devine l’effervescence des personnes qui viennent rendre hommage à Marie-Madeleine lors du pèlerinage annuel du mois de juillet. J'ai déjà prévu d'y participer l'an prochain.

La procession aux flambeaux, les Aubades à la population, la Grand Messe et la Procession des reliques, animés en costumes et musiques traditionnels provençaux ; des festivités riches pour une personnalité unique.

En attendant ces moments, je quitte doucement le site, apaisée et pressée d'y revenir pour partager des moments d'Histoire uniques.

Le Couvent Royal et son cloître

Ma curiosité m’emmène jusqu’au Couvent Royal et son cloître, accolés à la Basilique.
Je décide d'y flâner quelques instants. L’ambiance silencieuse et tranquille de cet espace me laisse pensive. Je sais que ces murs renferment aussi une grande Histoire et de petits secrets, notamment cette porte dérobée au fond du puits, qui permettait aux moines de rejoindre le jardin de l'Enclos. 

Localisation de la Basilique de Saint-Maximin

Basilique Sainte Marie Madeleine

83470 Saint Maximin la Sainte Baume


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Marion
Passionnée de Photo


“ Maman de 2 enfants et passionnée de photographie et d'architecture, je travaille à l'Office de Tourisme de La Provence Verte et suis en charge de la mission Villes Sanctuaires. ”

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